Environnement
L’impact de l’énergie solaire sur les émissions de CO2 en France
Le solaire n’évite pas la même quantité de CO2 partout en France. En métropole, il remplace une électricité déjà très décarbonée. Dans les DOM et en Corse, il remplace des centrales thermiques : l’effet est sans commune mesure.
En métropole, une électricité déjà très peu carbonée
Pour savoir combien de CO2 le solaire évite, il faut d’abord regarder l’électricité qu’il remplace. En France métropolitaine, le nucléaire et l’hydraulique dominent. Selon le bilan électrique 2025 de RTE, la production d’électricité a émis 10,9 millions de tonnes de CO2 équivalent en 2025, un plus bas historique.
Ramené au kWh, cela donne 19,6 g CO2e/kWh en moyenne sur l’année, et 29 g en comptant le cycle de vie complet des centrales. À titre de comparaison, RTE situe la moyenne européenne (Union européenne, Suisse, Norvège et Royaume-Uni) autour de 178 g CO2e/kWh.
Or un kWh solaire représente lui-même de l’ordre de 20 à 40 g CO2e sur son cycle de vie (voir notre article sur l’empreinte carbone des panneaux photovoltaïques). En métropole, le gain moyen par kWh est donc faible. Il faut le dire clairement.
Le rôle du solaire en métropole : préparer la suite
Le solaire n’est pas inutile pour autant en métropole. D’après le tableau de bord du SDES, il a couvert 8,6 % de la consommation électrique de la France métropolitaine au deuxième trimestre 2026, hors autoconsommation.
- Il produit aux heures où l’on aurait sinon recours au gaz, la principale source d’émissions restante.
- Il libère de l’électricité bas carbone pour l’exportation : RTE estime que les exportations françaises ont évité environ 27 millions de tonnes de CO2e en Europe en 2025.
- Il accompagne l’électrification des transports, du chauffage et de l’industrie, qui remplace directement du pétrole et du gaz.
En résumé, en métropole, l’enjeu climatique du solaire est surtout indirect et collectif. Dans les territoires d’outre-mer et en Corse, il est direct et immédiat.
Dans les DOM et en Corse, une électricité encore largement thermique
La Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, La Réunion et la Corse sont des zones non interconnectées (ZNI). Leur réseau n’est pas relié au grand réseau continental (la Corse dispose seulement de liaisons limitées avec la Sardaigne et l’Italie). EDF SEI et EDF Corse y gèrent le système électrique, et une grande partie de l’électricité vient encore de centrales thermiques qui brûlent des combustibles importés.
| Territoire | Émissions d’un kWh consommé | Part des renouvelables dans la production d’électricité |
|---|---|---|
| Guadeloupe | 594 g CO2/kWh en 2024 | 29,5 % en 2024 |
| Martinique | 563 g CO2/kWh (donnée 2021) | 25,7 % |
| Corse | 493 g CO2/kWh | 38,4 % |
| La Réunion | 365 g CO2/kWh | 56,7 % |
| Métropole (RTE, 2025) | 19,6 g CO2e/kWh | 95,2 % de production bas carbone (nucléaire compris) |
En Guyane, la situation est un peu à part. D’après un rapport de la CRE, le barrage hydraulique de Petit-Saut fournit en moyenne plus de la moitié de la production du territoire, et les centrales au fioul en sont la deuxième source. Elles prennent le relais quand la pluie manque, et les communes de l’intérieur dépendent encore de petites centrales diesel.
Pourquoi un kWc solaire évite plus de CO2 dans les îles
Le principe est simple : chaque kWh solaire consommé sur place remplace un kWh du réseau. Plus le kWh du réseau est carboné, plus le gain est grand. En Guadeloupe ou en Martinique, le kWh du réseau émet plus de dix fois plus que le kWh solaire (chiffres de l’OREC et de l’ADEME cités plus haut) ; en métropole, l’écart est faible en moyenne annuelle.
Ces comparaisons utilisent des moyennes annuelles. En réalité, un kWh solaire produit en journée remplace surtout les moyens de production les plus chers et les plus carbonés que le gestionnaire du réseau aurait appelés à ce moment-là. Le chiffre réel dépend aussi de la part de votre production consommée sur place et de l’évolution du mix local, qui se décarbone peu à peu.
L’objectif d’autonomie énergétique des outre-mer
Le code de l’énergie (article L100-4) fixe un cap ambitieux : parvenir à l’autonomie énergétique et à une production d’électricité entièrement renouvelable à l’horizon 2030 dans les collectivités régies par l’article 73 de la Constitution, dont la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et La Réunion, comme l’a rappelé le gouvernement dans une réponse ministérielle publiée en 2023. Chaque territoire décline ensuite cette trajectoire dans sa propre programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).
Les chiffres du tableau montrent le chemin qui reste à parcourir. Sur ces petits réseaux isolés, le solaire en toiture a un avantage clé : l’électricité est produite là où elle est consommée. L’autoconsommation, éventuellement associée à une batterie, soulage le réseau aux heures de forte production et réduit d’autant le recours aux centrales thermiques.
C’est aussi pour cela que l’État soutient l’autoconsommation dans les ZNI avec un barème spécifique, révisé chaque trimestre par la CRE. Le détail est dans notre article sur la prime à l’autoconsommation.
Agir depuis votre toit
Si vous êtes propriétaire d’une maison en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à La Réunion ou en Corse, votre toit est l’un des leviers les plus concrets pour faire baisser les émissions de votre territoire. Pour que l’effet dure, l’installation doit être bien dimensionnée, posée par un professionnel certifié RGE et fixée pour résister au climat local.
Nos équipes connaissent les contraintes de chaque réseau et de chaque type de toiture. Contactez l’agence FRH de votre territoire pour une étude gratuite de votre projet.
Questions fréquentes
L’électricité solaire réduit-elle les émissions de CO2 en métropole ?
Peu en moyenne, car l’électricité métropolitaine est déjà très décarbonée : 19,6 g CO2e/kWh en 2025 selon RTE. Le solaire y aide surtout à limiter le recours au gaz, à exporter de l’électricité bas carbone et à accompagner l’électrification des usages.
Pourquoi le solaire évite-t-il plus de CO2 dans les DOM et en Corse ?
Parce que ces territoires sont des zones non interconnectées où une grande partie de l’électricité vient encore de centrales thermiques. Un kWh y émet de 365 à près de 600 g de CO2 selon l’île, contre quelques dizaines de grammes pour un kWh solaire.
Quel est l’objectif des outre-mer pour 2030 ?
Le code de l’énergie fixe l’objectif de parvenir à l’autonomie énergétique et à une production d’électricité entièrement renouvelable à l’horizon 2030 dans les collectivités régies par l’article 73 de la Constitution, dont la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et La Réunion. Chaque territoire précise sa trajectoire dans sa programmation pluriannuelle de l’énergie.
Le solaire évite-t-il beaucoup de CO2 en Guadeloupe ?
Oui. Selon l’OREC, le kWh consommé en Guadeloupe émettait 594 g de CO2 en 2024, contre un peu plus de 40 g pour le kWh solaire selon l’ADEME. Chaque kWh solaire consommé sur place évite donc l’essentiel de ces émissions ; le total dépend de la taille de l’installation et de votre consommation.
À lire aussi
Sources
- RTE, Bilan électrique 2025 : émissions
- RTE, Bilan électrique 2025 : synthèse
- SDES, Tableau de bord solaire photovoltaïque, deuxième trimestre 2026 (publié le 04/09/2026)
- OREC Guadeloupe (Synergîles), Synthèse des chiffres clés de l’énergie, année 2024
- CRE, Rapport sur la mission de la CRE en Guyane (février 2017)
- Assemblée nationale, question écrite n° 6563 et réponse du gouvernement (article L100-4 du code de l’énergie)
- ADEME, Base Empreinte
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